L’épreuve
du regard, c’est celle qui brise les illusions.
Tant qu’ils
étaient deux, John et le Protecbot 055 pouvaient se croire uniques ;
face aux autres, ils redeviennent :
— un humain suspecté de
trahison,
— une machine tolérée par nécessité.
Le groupe ne
comprend pas, et c’est normal : il incarne la peur primitive du
mélange, du seuil franchi entre vivant et artificiel.
Mais dans
cette peur se cache une vérité :
ce que l’on rejette révèle
ce que l’on redoute de devenir.
John
défend le Protecbot
055, parce qu’il
y voit sa propre ambiguïté : l’homme qui commande aux machines
finit par leur ressembler.
Le Protecbot
055, lui, découvre
dans la méfiance des autres le premier signe de son altérité : il
n’est plus seulement une arme, il est regardé.
Et
être regardé, c’est déjà exister autrement.
Le camp survivant
devient ainsi un laboratoire moral :
chaque silence, chaque
hésitation, mesure la distance entre la peur et la reconnaissance.
— J. M.

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