Ce
n’est pas la violence qui détruit le camp, c’est la mémoire mal
supportée.
Les survivants ne pouvaient plus vivre avec ce
qu’ils avaient vu : une machine capable d’actes justes.
Alors
ils ont préféré brûler la preuve.
Le sabotage devient
ici un geste rituel :
un sacrifice de la raison au profit du
mythe — celui du monstre qu’il faut craindre pour rester
humain.
Mais en tuant ce monstre, ils détruisent le dernier
espace où la peur pouvait se transformer en connaissance.
John
et le Protecbot 055
sortent du feu ensemble :
l’un chargé de culpabilité,
l’autre de silence.
Et entre eux, une vérité simple, presque
biblique :
on ne reconstruit rien sans perdre ce qu’on voulait
sauver.
Ce
n’est plus une alliance.
C’est un exode.
Et
tout ce qui reste du monde, maintenant, tient dans ce duo :
un
homme trop conscient, une machine trop lucide.
— J.M.

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